Posted on 6 mar 2009

On a eu du bol, reflexions personnelles

Il ne suffit pas d’y penser quelques minutes pour se rendre compte qu’on a un sacré bol d’exister. Il faut vraiment y réfléchir longtemps, plusieurs fois.

Le moment où on s’en rend vraiment compte de ce qu’il a fallu comme coïncidences pour exister je crois que c’est lorsqu’on se sent dépasser par nos pensées, lorsqu’on n’est plus capable d’imaginer les choses telles qu’elle ont pu se passer, ou telles qu’elle se passeraient si tout ça n’existait pas.

Je parle de l’Univers, de tout ce qui entoure la Terre où nous vivons.

Qu’est-ce que c’est l’univers? Finalement, on ne sait que peu de choses sur ce que c’est vraiment. Certes on est capable plus ou moins d’en faire une description au moment présent, il suffit de regarder à quoi ça ressemble. Et puis grâce au temps, au délai de propagation de la lumière, on peut même voir à quoi ressemblait l’univers il y a quelques millers d’années, voir dizaines de milliers. Puis plus notre outillage sera perfectionné, plus nous pourrons voir loin dans le passé. Mais appart des étoiles et des planètes, des trous noirs et des comglomérats de matière, qu’y a t-il?

C’est là que tout devient bizarre.

D’après ce que l’on sait aujourd’hui, il n’y a rien au delà de notre univers (en fait, on ne sait pas donc on présume qu’il n’y a rien). En d’autres mots, nous n’existons pas plus loin que là où nous pouvons voir. C’est un peu difficile de l’imaginer, mais rien n’existe autour de nous. Notre planète, notre galaxie, les autres galaxies, une expansion inexorable, et puis rien.
A chaque fois que j’y pense j’ai le vertige, le vertige de ne pas être capable d’imaginer comment Tout serait si tout s’était passé autrement. Il a fallu d’abord que l’Univers se crée, puis qu’il évolue, d’une manière ou d’une autre il fallait au moins une évolution, rien de devait stagner pour générer ce que nous voyons aujourd’hui. Alors il a évolué et il continue de le faire. Ce qui fait froid dans le dos c’est de savoir que si ça ne s’était pas passé, rien n’existerait. Même le mot rien n’aurait pas lieu d’être. Essayez d’imaginer !

Imaginer du rien, j’ai pas encore réussi. D’abord parce que l’imagination c’est regarder quelque chose en pensées, mais comment peut-on regarder quelque chose qui n’existe pas, c’est tout bonnement paradoxal. Pour imaginer du rien il faudrait déjà que le point de vue habituel que nous prenons pour imaginer les choses soit changé. Quand on imagine notre vie dans un autre pays ça revient à se regarder dans un autre décor, imaginer sa vie en tant que pilote d’avion revient à se regarder aux commandes d’un Airbus, on pourrait même imaginer d’autres planètes avec des êtres y vivant, dans ce cas ça reviendrait à simplement les regarder, de très haut, d’un point de vue de spectacteur.
Mais pour imaginer du rien il faudrait, par définition, être capable de ne pas s’imaginer en tant que spectateur.
Je pense qu’on ne peut qu’approcher, de très loin, cette sensation de vide complet, ce sentiment que plus rien n’existe.

A ce degré de reflexion on est capable de relativiser tout le pire de ce qui nous entoure, que ce soient nos problèmes personnels, la faim dans le monde, les guerres, les génocides, les maladies. Et un peu de recul sur tout ça, ça fait pas de mal.

Enfin tout ça pour dire qu’on a du bol parce que tout ça a lieu. Toute cette pièce a été mise en scène de façon à ce qu’il y ait des acteurs, nous en faisons partie et je m’en réjouis.

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