Note à propos de l’orthographe alternative et de l’accessibilité des sites web

Date 5 décembre 2007

Dans un précédant article je parlais de l’orthographe alternative, basée sur une écriture phonétique qui a fait l’objet de recherche serieuses au Québec et qu’un collectif indépendant promeut aujourd’hui.
Je faisais état de ce “procédé bis” qui selon moi pouvait parfaitement être intégré à des normes de respect d’accessibilité visant les personnes déficientes cognitives atteintes d’illetrisme qui ne comprennent pas et ne peuvent lire l’orthographe traditionnelle.
“Parfaitement” n’était pas le mot.

Je n’ai pas donné dans mon article plus de détails sur les effets que ça pouvait avoir sur la mise aux normes d’accessibilité d’un site web, les solutions qu’il existe déjà pour palier à ce problème et je m’en vais le faire ci-dessous.

J’ai récemment participé à la première formation en France sur le RGAA (Référenciel Général d’Accessibilité des Administrations) et j’y ai appris quelque subtilités à propos de la navigation sur Internet des personnes déficientes cognitif atteintes d’illetrisme.
Grossièrement, on pourrait comparer ces derniers aux déficients visuels qui ont, en terme de handicap, quelque similitudes. En effet, même si les déficients visuels graves (atteint de cécité totale ou presque totale) n’ont pas accès aux contenus graphiques et naviguent grâce à ce qu’on appele des lecteurs d’écrans (logiciels qui lisent mot à mot le contenu textuel des pages web - interprétées avant par un navigateur “classique”), ils n’ont néanmoins pas la possibilité d’accéder directement au contenu texte, comme les illetrés.
Aux mêmes difficultés les mêmes solutions.
Utiliser un lecteur d’écran couplé à une synthèse vocale rend ce contenu texte accessible, et l’orthographe alternative devient facultative.

Concrètement, pour un webmaster qui se veut “accessible”, plusieurs solutions sont disponibles et indispensables.

  1. Limiter au maximum (jusqu’à la suppression totale) les balises de mises en forme obsolètes et privilégier les CSS pour modifier l’apparence et la structure d’une page.
    –> Selon leur configuration, il peut arriver que les lecteurs d’écrans lisent tout, y compris les balises de mises en forme, ou plus simplement qu’ils préviennent l’internaute de leur présence (très utile pour les formulaires). Pour illustrer le problème que ça pose, faites un clic droit sur cette page puis “Afficher la source” ou “Code source de la page” et lisez ce qui apparait. Voilà ce qu’entend un non déficient visuel qui utilise un lecteur d’écran.
  2. S’assurer que le contenu textuel est directement intégré dans la page (visible dans le code source) et non encapsulé dans une image, un objet flash ou affiché par du javascript. Même principe que le premier point, si le contenu de la page n’est pas clairement visible dans la source, le lecteur d’écran ne le devinera pas !
  3. Renseigner explicitement les propriétés alt des balises images quand ces dernières ne sont pas “décoratives” (dans ce cas, la propriété alt devra être vide : alt=”"). Si des images proposent une information qui n’est pas dans son contenu associé (plan d’accès, organigramme, graphique statistique…), il est indispensable de la décrire de façon claire et concise dans la propriété alt. Si vous estimez que la balise alt n’est pas adaptée à celà (texte trop long pour décrire un shéma par exemple), ajoutez donc cette information dans votre texte :)
  4. Renseigner explicitement les propriétés title des liens internes et externes ou s’assurer que le texte du lien est assez explicite. Si vous proposez un lien “Lire la suite”, le lecteur d’écran retransmettra tel quel cette information à l’internaute qui du coup ne saura pas ce que contient la page ciblée. Deux solutions donc, renseigner la propriété title en donnant quelques informations sur le contenu de la page ciblée ou proposer cette information sur le lien lui-même.

Ces quatres éléments faciliteront énormément l’accès à votre contenu sans que celà vous coute beaucoup en temps de développement. C’est un premier pas très important vers l’accessibilité qui mérite d’être suivi d’une longue marche, pas si fastidieuse qu’il n’y paraît :)

L’important est de ne pas s’arrêter là, parce qu’il est évident que celà ne suffit pas à rendre un site accessible à un maximum d’internaute. Néanmoins il n’est pas obligatoire de se lancer dans une mise au normes complète, le but de ce référentiel et de la plus grosse partie de la communauté militante étant de proner l’amélioration progressive de l’accessibilité, chacun au niveau qu’il peut se permettre d’atteindre.

Je ne parle ici que de bribes d’éléments, toute l’information autour de ces améliorations est disponible sur le site du RGAA.

Ca ne plaira pas à pépé, mais l’orthographe alternative n’est pas la solution, pas pour l’heure en tous cas :)

Quant à moi je commence à apercevoir l’ampleur du boulot que j’ai à faire sur Plumo! pour améliorer son accessibilité, mais déjà en parler c’est pas mal :D

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Une réponse à l'article : Note à propos de l’orthographe alternative et de l’accessibilité des sites web

  1. pepe said:

    La solusion ortograf è plu jénéral, elle done osi aksè o dokuman inprimé.

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