La grande scène du Paléo Festival
15 juillet 2008

Chaque année, c’est la même donne.Aux alentours de fin avril, alors que des dizaines de milliers de personnes se pressent aux guichets des revendeurs autorisés pour acheter leurs billets pour le Paléo Festival, moi je reçois un courrier électronique de mon responsable sécurité A.L (initiales, pour garantir l’anonymat d’un gars responsable de la sécurité du Paléo) qui me demande si je souhaite, comme l’année passée, participer en tant que bénévole au Paléo Festival.
Ah tiens, juste avant d’aller plus loin, c’est quoi un bénévole?
Laissons de côté la définition litérale du mot pour nous intéresser à ce qu’est un bénévole au Paléo Festival. Déjà , entres nous on appelle un bénévole un “collaborateur” (terme qui fait souvent sourrire certains français dont l’humour noir rivalise d’efficacité avec leur ouverture d’esprit…). Un collaborateur donc est une personne qui travaille sous la responsabilité de l’organisation du Paléo Festival avant, pendant et/ou après celui-ci, et à qui on a confié une des milliers de tâches dans la grande usine qu’est le Paléo.
Par exemple, un collaborateur sera affecté au contrôle de certains accès, des zones réservées au collborateurs, aux services de secours, aux artistes, aux ayants droits etc… D’autres seront chargé de la propreté sur le site, collecte des déchets, nettoyage régulier des zones à fort trafic (sanitaires…), d’autres encore se chargeront d’aider les festivaliers à trouver une place pour se garer, à donner de l’information sur la programmation, sur les stands du festival, de l’information de santé également avec la distribution de bouchons pour oreilles.
Des collaborateurs sont également affectés à l’accueil et l’encadrement des artistes, encore à la surveillance des campings festivaliers, d’autres travaillent à “La ferme” pour nourrir chaque jours les quelques 3500 collaborateurs, et évidemment bon nombre d’entres eux ont la charge de la construction du site, des scènes et de toutes les infrastructures.
La liste est longue !
Outre le fait que, celà va sans dire, le collaborateur se doit d’effectuer un travail dans les règles et sans enfreindre le réglement, et qu’à partir de ces deux principes simples tout lui est permis, il faut dire qu’il est quand même bien loti au Paléo !
Rappel des avantages du bénévole :
- Il dispose d’un badge personnel, avec photo, qui lui permet d’accéder à tous les concerts, tous les jours, sans aucune exception, dans la mesure où ses horaires de travail sont compatibles avec ses envies de musique.
- Il est nourri par le Paléo. Chaque jour il peut aller petit-déjeuner et déjeuner dans l’une des deux cantines du site, gratuitement, et pratiquement à volonté.
- Pour les repas du soir, l’organisation du Paléo lui fournit des bons, échangeables à tous les stands du festival, contre nourriture et/ou boissons.
- Il est logé. Gratuitement là encore, dans l’un des deux campings réservés aux collaborateurs (tente nous fournie!)
- Il est blanchi. Des machines à laver sont mises à disposition gratuitement dans les deux campings collaborateurs.
- Bien que le bénévole, par définition, ne soit pas rémunéré, le Paléo festival rétribue tous ses collaborateurs, en fonction de leur poste et de leurs responsabilités, à la fin de chaque Paléo. Une sorte de défraiement…
Parenthèse fermée.
Moi au Paléo, je suis à la Grande scène. Plus précisément je suis dans la fosse, entre la scène et le public, et ma mission est de sécuriser les spectateurs des premiers rangs en cas de malaise, de chute ou d’accident divers. En gros, quand vous tombez dans les pommes parce que vous ne vous êtes pas assez hydraté, c’est bibi qui vous sort du public et qui vous conduit chez les infirmiers.
Donc j’en reviens au début de l’article, je reçois ce mail et je réponds évidemment oui. Ainsi commence l’attente. Chaque année c’est plus dur encore. Attendre d’abord la confirmation qu’on fera bien partie du staff, et l’attente de l’évènement lui même !
Ce n’est pas pour rien me direz vous si je choisis d’écrire à ce sujet aujourd’hui, et non, c’est parce que le festival commence la semaine prochaine, et que je bous d’impatience à l’idée de m’y retrouver comme tous les ans, pour une trop petite semaine.
Ainsi je vais retrouver mes collègues, mes chers collègues, avec qui le contact n’est que très rarement rompu grâce au forum qui a été mis en place, spécialement dédié au staff de la Grande Scène du Paléo festival. Je vais retrouver le public aussi, qui ne vient jamais pour moi certes, mais que j’ai la chance d’admirer du plus beau point de vue, celui d’où vous voyez les étoiles dans leurs yeux lorsque leur idole entre sur scène, celui d’où vous pouvez saisir un millième de second ce que peut ressentir un artiste devant 30 000 personnes qui l’acclament. Du rêve, du rêve et du rêve. Le Paléo c’est aussi du spectacle pour ceux qui y travaillent, c’est dire si c’est bon!
Mais je vais aussi retrouver, encore et toujours, ces ados qui se ruent dès l’ouverture des portes devant mes barrières à la grande scène, et qui font le piquet pendant toute une après-midi : qu’il vente, qu’il pleuve ou que le soleil cogne ! Et le malheur est bien là . Quand le soleil cogne à la Grande Scène, il ne fait pas semblant. Et ces ados qui n’ont plus qu’une idée en tête, c’est d’être en tête et devant tout le monde lorsque le concert de leur star préférée commencera, oublient du coup qu’ils ont un corps. Un corps qui obéit, quelque soit le temps, à toutes les règles qui ont été fixées jadis et qui régissent les capacités physiques d’un être humain face aux agressions extérieures. Plus particulièrement ils oublient que le soleil c’est chaud, ça déshydrate et c’est pas glop. Donc ils attendent, une heure, deux heures, au minimum 3h et demi en faite. Parfois sans boire une seule goutte d’eau et souvent pire, en buvant uniquement de l’alcool.
Et c’est ainsi que dès le début de leur concert, ils tombent dans les pommes comme des mouches, on les ramasse et on les envoie à l’infirmerie, d’où ils ne pourront qu’entendre leur idole pour laquelle ils avaient fait tant d’efforts !
Bon c’est bon, je me suis laché, ça va mieux ! Encore une petite semaine à tenir et j’aurai ma dose, je m’envollerai pour une nouvelle semaine de musique, de bonheur et de festivités, puis de tristesse lorsque déjà les portes du Paléo Festival se refermeront…
Bamboulé !








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